Marx, Keynes, Hayek : 3 conceptions de l’économie, 3 visions du monde

Débat

Calendrier Le 18 février 2021 (20:00 à 22:00)

Localisation Sur la chaîne YouTube MUMONS

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Par Joseph Pagano (économiste, UMONS), Antoine Buchet (docteur en sciences politiques, UMONS) et Serge Deruette (politologue, UMONS)

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Faut-il encore présenter Karl Marx (1818-1883), John Maynard Keynes (1883-1946) et Friedrich Hayek (1899-1992) ? Chacun à leur manière, ils ont révolutionné la pensée économique et la manière de penser le monde !

Karl Marx, avec Friedrich Engels, est le fondateur du communisme moderne. Révolutionnaire, sa pensée constitue un moment crucial dans l’histoire de la philosophie, à laquelle il assigne la tâche de changer le monde. Sa conception de l’évolution des sociétés, fondée sur la manière dont les hommes produisent leurs moyens de subsistance et leurs richesses au travers des luttes de classes, marque encore aujourd’hui la façon de penser l’histoire. Son analyse du capital en tant que rapport social produisant « ses propres fossoyeurs », et donc destiné à être renversé, en se basant sur les conceptions libérales classiques qu’il retourne contre elles-mêmes fonde en tant que tel un courant économique novateur.

John Maynard Keynes, en révolutionnant, selon ses propres termes, la façon dont le monde pense les problèmes économiques, visait aussi à s’opposer à une révolution communiste, comme celle de 1917, comme celle que prônait Marx pour renverser le capitalisme. Keynes est un libéral, mais un libéral actif et aux préoccupations sociales ! Souhaitant conserver l’économie de marché, il veut la rendre plus efficace et plus juste. Au fondement de la macroéconomie et de la politique économique telles qu’on les conçoit aujourd’hui encore, ses idées changeront durablement l’organisation de nos sociétés, rendant possible une intervention des États dans les domaines économique et social.

Friedrich Hayek, est probablement un des économistes les plus influents de sa génération. Dans La route de la servitude, publié en 1944, il défend l’économie de marché et met en garde contre les dangers que le collectivisme fait courir aux libertés. Opposant de la première heure à Keynes, dont il critiquera durement les travaux depuis la London School of Economics, à l’époque la rivale de Cambridge (Hayek est citoyen britannique), il est partisan d’un libéralisme très radical. Il prône la suppression des monopoles, en ce compris les banques centrales. Il considère que les objectifs de justice sociale ne sont pas pertinents, et conduisent à une société trop éloignée de celle qu’il tient pour souhaitable. En 1974, il est distingué du prix de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel pour « ses travaux pionniers dans la théorie de la monnaie et des fluctuations économiques et pour son analyse de l’interdépendance des phénomènes économiques, sociaux et institutionnels ».

Débat animé par Marc Labie (Faculté Warocqué d’Économie et de Gestion, UMONS) qui en proposera et en ventilera les thèmes abordés, avec…

  • Serge Deruette (École des Sciences Humaines et Sociales), pour la pensée de Marx et le marxisme,
  • Giuseppe Pagano (Faculté Warocqué d’Économie et de Gestion), pour la pensée de Keynes et le keynésianisme,
  • Antoine Buchet (Faculté Warocqué d’Économie et de Gestion et École des Sciences Humaines et Sociales), pour la pensée de Hayek et le néolibéralisme.

Ils exposeront en quoi chacun de ces trois penseurs ont innové et transformé la manière d’envisager le monde et la vie. Ils mettront en miroir ces trois conceptions modernes et toujours actuelles du capitalisme et de ses crises, mais aussi de l’action politique, de l’État, de la culture et de l’éthique.

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