Retour sur Mons en lumières 2026
En ligne
Entrer dans la lumière.
Un besoin d’éclairer le monde.
Invité d’honneur de cette édition, le MUMONS a contribué à Mons en Lumières 2026 en participant à la définition de sa thématique et en proposant plusieurs interventions mêlant art et science.
Du 22 au 25 janvier 2026, le festival a investi le centre-ville de Mons à travers un parcours lumineux. En lien avec son exposition Électrique !, le musée a coconstruit avec la ville la thématique « Entrer dans la lumière. Un besoin d’éclairer le monde », en apportant un regard croisant savoirs scientifiques, création artistique et expérience sensible.
À travers cette participation, le MUMONS a cherché à proposer des repères, à ouvrir des pistes de compréhension et à enrichir l’expérience du public.
Le MUMONS au cœur du parcours
Tout comme les 260 000 participants à cette 3e édition, débutons ce retour en image par la capsule vidéo réalisée en collaboration avec ono studio. Celle-ci introduisait le parcours et donnait un premier éclairage sur la thématique.
Chroniques de Lumière
Du premier feu qui repousse la nuit aux LED qui dessinent nos villes contemporaines, ce court-métrage raconte la grande histoire lumineuse de l’Humanité. Chaque invention inaugure une ère nouvelle, chaque étincelle dévoile d’autres manières de regarder le monde. Pour cet événement, Mons s’inscrit dans cette continuité et se pare d’œuvres qui insufflent à la nuit une énergie vive et mouvante.
Oeuvre réalisée avec ōnō studio (www.onostudio.be), en collaboration avec le musée de l’Université de Mons, le MUMONS (www.mumons.be).
Équipe ōnō studio:
– Hugo Melas – animation, storyboard / @hugomelas
– Maciej Waleszczyk – création sonore / www.maciejwaleszczyk.com
– Xavier Chylinski – direction créative, storyboard, gestion de projet
– Antoine Pilette – direction & gestion de projet
Lumière ! Quel étrange phénomène que la lumière. Sans elle, la Vie n’existerait pas. Elle rythme nos vies. Le jour, la nuit. L’été, l’hiver. La joie, la morosité parfois. C’est la lumière qui rend visible les choses. Le sourire d’un enfant, la beauté d’une fleur, le doux plumage d’un oiseau, le bleu profond de l’océan. Cette lumière, il a fallu l’apprivoiser. Le chemin fut long. Du Soleil au flambeau, de l’ampoule électrique au laser. Ce soir, derrière chaque éclairage, dans chaque geste de lumière, se cachent des millénaires de recherche et de savoirs. L’art et la science. Toute notre Humanité. Vive Mons en lumière !
Point of (No) Return
À la Place du Parc, le MUMONS s’inscrivait dans le parcours aux côtés de l’œuvre Point of (No) Return, sélectionnée notamment en lien avec la forte présence de l’UMONS dans ce coin de la ville.
Face à une thématique au cœur des préoccupations scientifiques — le réchauffement climatique — le musée a choisi de ne pas proposer une lecture explicative, mais d’ouvrir un autre espace d’expression. Chercheuses et chercheurs provenant de toutes les facultés et école de l’UMONS ont ainsi été invités à porter un regard sensible sur la fonte des glaces, à travers une création collective et plusieurs formes de partage.
L’œuvre aborde, de manière poétique et abstraite, la question de la fonte des glaces.
Face à elle, le public devient acteur : quand il s’approche, la glace se met à fondre progressivement jusqu’à se transformer en eau. Plus la présence est proche, plus le phénomène s’intensifie. À l’inverse, quand cette présence prend de la distance, l’eau redevient glace, laissant entrevoir une forme d’équilibre et d’espoir.
Sans discours frontal, l’installation évoque à la fois l’urgence climatique et la responsabilité individuelle. Elle invite à dépasser une simple observation pour susciter une prise de conscience, en faisant de chaque présence un élément qui influence le phénomène.
Point of (No) Return – Anastasia Isachsen
Comprendre les glaces pour comprendre le monde
Des déserts glacés de haute altitude aux silencieuses étendues de banquise et de permafrost, les mondes gelés semblent immobiles. Pourtant, ils vibrent d’une biodiversité discrète et souvent méconnue. La recherche, et notamment la glaciologie, y ouvre des fenêtres uniques : chaque carotte de glace devient une page d’histoire, révélant nos climats passés et la résilience du vivant. Aujourd’hui, ces écosystèmes évoluent sans cesse et, même s’ils paraissent lointains, nous partageons la même planète. Mieux comprendre ces transformations, c’est détenir des clés pour mieux agir. C’est là que l’université, riche de regards et d’expertises multiples, aide à saisir les enjeux globaux et à imaginer d’autres paradigmes.
Touchés par cette sensibilité artistique, nous avons voulu prolonger l’expérience à travers un atelier créatif avec Fleur Sizaire (Ancrer l’Empreinte) réunissant des chercheuses et chercheurs de toutes les facultés de l’UMONS. Chacun a pu laisser libre cours à son imagination, mêlant science, poésie et introspection, dans un moment d’échange bienveillant.
D’abord ce blanc
Partout
Ne dit-on pas qu’il renferme
Toutes les couleurs
Cette glace
Ensuite
Mémoire de l’humanité
Elle hésite
Oscille
Non-vie
Non-mort
Familière tension
Jusqu’à perdre les eaux
Le cycle
Toujours
Formation
Déformation
Et ce vertige qui bat en moi
Sublime paradoxe
La beauté et la terreur m’emplissent
Impermanence des états
Des êtres
Persistance
Aussi
Ne vaut-il pas mieux
Laisser les digues se rompre
Briser la glace
Ouvrir le dialogue
Autrement
La limite existe-t-elle
Parce qu’on la trace
Ou parce qu’on la voit
La nature trouvera les mots
Pour se réécrire
Après ce printonnage
Regarder la frontière
Les poètes de l’UMONS
Vinca Decausemaeckre
Architecture et Urbanisme
Aujourd’hui le silence pèse différemment.
Son bruit sourd résonne entre les volumes, lignes, surfaces d’un blanc oppressant.
Un carré blanc sur fond blanc, toile vierge, contours absents.
La limite existe-t-elle parce qu’on l’a tracée ou parce qu’on la voit ?
J’esquisse, je m’imagine, j’efface, je recommence, à mon bon plaisir, j’y crois.
Besoin ou vice, à cet instant, sur ce canevas je veux laisser ma trace, à moi.
Caroline Kahwaji
Psychologie et Sciences de l’Éducation
La fonte des glaces, je la vis comme la perte de parties de mon être que je pensais solides et ancrées. Je la vis comme une transition, mais également comme une dualité. Une mise à nu de ma fragilité. Comme si, naturellement, des parties de moi devaient changer, évoluer, se transformer, s’adapter – phénomène naturel sur le long cycle de la vie. Cependant, je perçois aussi ce phénomène comme un abandon forcé.
Sébastien Bette
Sciences de l’ingénieur
Transformation
Acte 1 – Je me suis construite, couche après couche ; j’y ai beaucoup travaillé. J’ai pris forme.
Acte 2 – Je me laisse fondre ; je me laisse couler, larme après larme. Je me déforme.
Acte 3 – Et puis là, en étant au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes, je me cristallise à nouveau, je reprends forme.
Je suis le cycle. Ce cycle de la vie à emprunter, celui du renouveau permanent.
Je suis le cycle. Ce cycle de la vie à incarner, celui qui vibre en chacun de nous.
Méline Ver Eecke – MUMONS
Histoire de l’art et muséologie
Que dire… ma vision peine à capturer l’ensemble de ce spectacle. J’ai les larmes aux yeux. Mes mains tremblent… Et pas seulement de froid et de fatigue. Quelque chose me submerge. J’observe mes compagnons, silencieux eux aussi, les yeux rivés sur ce glacier. Hypnotique, il nous communique des vérités, des rêves et des cauchemars.
Guillaume Périlleux
Économie et Gestion
Un pan entier du glacier auquel nous faisons face est occupé à se détacher et s’écroule dans la mer. Tout cela se passe dans un bruit étourdissant bien plus fort que si la foudre s’était abattue sur nous. Après ce grand bruit, le silence revient petit à petit et nous nous retrouvons à pleurer collectivement chacun dans notre coin.
Alexia Lourtie – MUMONS
Sciences biologiques et écologie
La fonte des glaces, c’est aussi la sortie de l’hiver. Les perce-neiges qui apparaissent, la nature qui reprend ses droits. C’est le retour du soleil et des températures plus chaudes, les journées qui s’allongent. C’est le jour qui gagne sur la nuit.
Anne Godart
Traduction et Interprétation
On ne fait rien de grand sans risques, disait “je ne sais plus qui”. Un danger raisonnable ? Un défi surmonté ? Excluons le mot « peur » de tout vocabulaire. Quand la glace est rompue, le dialogue arrive.
Guillaume Caulier
Sciences
Tiens, plutôt qu’un hivernage je préfèrerais un « printonnage » une période où on prend le temps de se reconnecter à l’extérieur et aux merveilles du vivant, mais aussi à nous-mêmes.
Julie Carette
Médecine et Pharmacie
La nature trouvera le moyen. La nature retombe toujours sur ses pattes ! Et finalement, dois-je me conforter dans ce crédo ? Ou être actrice de mon avenir ?
Talk-show : chacun a son mot à dire…
sur la fonte des glaces
En prolongement de cette démarche, le MUMONS a réuni des chercheuses et chercheurs de l’UMONS autour d’un échange enregistré sous forme de podcast.
À partir de l’œuvre et de la thématique de la fonte des glaces, chacun y partage son regard, ses questionnements et ses ressentis, dans un format de discussion ouvert, sans volonté d’apporter une réponse unique.
Dernière étape du parcours :
un bâtiment… élecrique !
Le parcours se poursuivait à la Faculté polytechnique, un lieu étroitement lié à l’histoire de l’électricité à Mons. Dans ce contexte, le MUMONS a contribué à une mise en lumière du bâtiment à travers une création artistique qui dialogue avec son architecture et son héritage scientifique.
Phare des Possibles
En reconnaissance à l’ingéniosité de celles et ceux qui ont façonné la Faculté polytechnique de Mons, la façade animée retrace la naissance d’un monde nouveau. Du souffle lourd des machines vrombissantes aux premières vibrations électriques, les lignes s’organisent, les fenêtres dialoguent, et la lumière s’infiltre peu à peu. L’énergie s’accumule, franchit les murs pour s’étendre au-delà de la pierre et faire basculer l’édifice dans une autre dimension, jusqu’à le transformer en phare vivant ; témoin éclairé d’une époque où l’électricité ouvrait des horizons encore insoupçonnés.
Œuvre réalisée par ōnō studio, en collaboration avec le musée de l’Université de Mons, le MUMONS. onostudio.be
Équipe :
– Maciej Waleszczyk & Xavier Chylinski – création visuelle
– Maciej Waleszczyk – création sonore / maciejwaleszczyk.com
– Xavier Chylinski & Antoine Pilette – direction & gestion de projet
Dispositif de projection:
– Le Citylight développé par l’Institut Numédiart de l’UMONS / http://www.numediart.org/