Le spinthariscope, un petit objet à l’histoire étonnante !

Le spinthariscope

Mars 2020

Est-ce un jouet ? Un morceau de microscope ? Une loupe ? Non, c’est un spinthariscope, le premier détecteur de radiations au monde

Le spinthariscope est inventé par le physicien britannique William Crookes en 1903. Crookes étudiait la fluorescence d’un écran composé de sulfure de zinc créée par les émissions radioactives d’un échantillon de radium quand il fit tomber ce dernier. Le radium coûtant très cher, le physicien tenta d’en récupérer le plus possible. Voulant vérifier s’il avait bien retrouvé le radium, il observa l’écran au microscope. Il vit alors des éclairs causés par les collisions des particules alpha du radium avec l’écran. Crookes venait de trouver un moyen de détecter et de mesurer la radiation !

Il entreprit de construire un instrument plus pratique pour observer ces scintillements. Il le nomma spinthariscope à partir du mot grec “spintharis” signifiant “étincelle”. Crookes présenta son invention à la Royal Society de Londres le 19 mars 1903. Dès l’été de la même année, les fabricants d’instruments scientifiques du monde entier commencèrent à vendre des spinthariscopes à grande échelle. La société de l’époque étant fascinée par la radioactivité, le petit objet devint vite un accessoire essentiel pour quiconque voulait montrer son intérêt pour la science.

Les spinthariscopes furent à la fois des instruments de démonstration scientifique, utilisés jusque dans les années 1920-1930 dans les laboratoires et les universités pour détecter et mesurer la radioactivité, et des jouets scientifiques vendus au grand public, surtout aux enfants, jusque dans les années 1950.

L’exemplaire conservé dans la collection du service de Physique générale était utilisé dans les cours de physique à la Faculté polytechnique. Il a été fabriqué par Robert Drosten, un ingénieur bruxellois, dans les années 1905-1914.

Comment ça marche ?

Le spinthariscope est un petit tube en laiton au fond duquel est fixé un écran en sulfure de zinc au-dessus duquel est placé, à un millimètre de distance, une petite source radioactive que l’on peut agiter grâce à une aiguille mobile. L’appareil est fermé par une lentille grossissante permettant d’observer les scintillements dans le noir. Après avoir habitué sa vision à l’obscurité pendant une dizaine de minutes, on place l’objet devant un oeil et on peut alors observer de petits éclairs causés par les collisions des particules alpha avec l’écran. La radioactivité devient alors visible à l’oeil nu.

Pour en savoir + :

  • Crookes William, “The Emanations of Radium”, dans Proceedings of the Royal Society, t. 71, 1903, p. 405-408.
  • Kragh Helge, “Spinthariscope”, dans Bud Robert et Warner Deborah Jean, éd., Instruments of Science. An Historical Encyclopedia, New York-Londres, 1998 , p. 572-573.

Référence:

Spinthariscope
Robert Drosten, Belgique, 1905-1914
H : 4 cm, d : 2,5 cm.
Laiton, Verre, Sulfure de zinc
Collection UMONS, Faculté polytechnique, Physique générale
n° d’inventaire : FPMS.PHYSGEN.000129