Fouilles insolites dans la crypte du musée !

Des fouilles insolites, voire mystérieuses, viennent d’être menées dans la crypte de l’ancien couvent des Visitandines, à quelques mètres sous l’ancienne chapelle des religieuses !

Mais pour que vous compreniez, reprenons dès le début cette investigation digne des aventures d’Indiana Jones :

6 avril – L’équipe du musée descend dans la crypte pour revoir une dernière fois les plans de l’expo quand une question innocente résonne : hé… mais vous croyez qu’elles sont encore enterrées là :-O ?

 A few minutes later… Vous connaissez l’équipe, il en fallait peu pour nous décider de sonder la crypte !!

10 mai – Dominique Wynsberghe, directrice opérationnelle du musée, lance le planning pour le sondage de la crypte.

12 mai – Olivier Kaufmann, ingénieur civil des mines et géologue rentre de mission. Hourra ! On reçoit dans la foulée le prix de la location du matériel radar adapté pour exploiter la surface de la maçonnerie sans l’endommager – il s’agit quand même d’un patrimoine à préserver !

14 mai – Les préparatifs vont bon train. L’équipement est réservé. L’enthousiasme nous gagne : c’est une pièce supplémentaire qui vient s’ajouter au puzzle de l’histoire des lieux !

18 mai – L’équipe logistique et les géologues réquisitionnés se coordonnent. Des rencontres stratégiques s’opèrent en coulisses.  

8 juin – On y est ! La crypte est passée au crible à l’aide d’un radar adapté.

La cave aux mortes

Avant de pénétrer au cœur du sujet, rappelons que le musée se situe dans l’ancien couvent des Visitandines (qui s’y sont elles-mêmes installées en 1650 jusqu’en 1796). Sous le chœur des religieuses se trouve une cave voûtée, la crypte, où sont inhumées les sœurs. Nous avons donc la chance d’avoir une crypte entièrement conservée qui témoigne du passage des Visitandines en ces lieux ! Les 61 stèles sont toujours scellées par des plaques sur lesquelles sont gravés les noms et prénoms des défuntes, leur âge au moment du décès et les rôles qu’elles tenaient au sein de la communauté. Au cours de l’histoire, la « cave des mortes » – comme l’appelaient les Visitandines – a aussi permis d’inhumer les bienfaitrices, comme la sœur Marie-Ignace Du Pont, qui sont d’ailleurs mises en évidence par des pierres tombales plus grandes. 

La crypte passée au radar

Mais alors, y aurait-il des corps cachés dans les caveaux de la crypte ? Quels secrets allons-nous découvrir en sondant les murs ? Le mystère plane toujours ! Après 3 jours de fouilles et d’étude de milieu, à l’aide d’une technologie radar à la pointe (voir bas de l’article), l’équipe du service de géologie de l’UMONS, Olivier Kaufmann, Claudio Barcella et Thierry Martin, ont obtenu quelques résultats révélateurs. Un écho significatif apparaît à plusieurs endroits, ce qui laisse penser qu’il y aurait encore des cavités ouvertes pour y accueillir des corps mais à l’heure qu’il est, il est trop tôt pour tirer des conclusions sur une telle présence (bien que cela ne soit pas surprenant). Les données étant en cours d’analyse, nous vous donnerons des explications plus précises d’ici une dizaine de jours. À suivre donc ! 

La méthode radar utilisée pour sonder la crypte est une antenne d’émission et une antenne de réception. Le principe repose sur l’émission d’une impulsion électromagnétique à très haute fréquence et la propagation de l’onde électromagnétique associée dans les matériaux. Lorsque l’onde atteint une interface entre deux milieux de permittivité électrique différente, une partie de l’énergie sera réfléchie en direction d’une antenne de réception. L’analyse de l’intensité et du délai de retour des échos en un grand nombre de positions des antennes permet de reconstituer une image du milieu traversé. Voilà, comme ça vous savez vraiment tout =)).