Mons au temps de Waudru

Mons au temps de Waudru

Jusqu’au 13 juin 2021, l’exposition « Mons au temps de Waudru » fait découvrir aux habitants montois la vie de sainte Waudru, mais également de ses contemporains à l’époque mérovingienne. Car non, contrairement aux idées reçues, sainte Waudru n’a pas vécu à l’époque des châteaux forts !

L’exposition décrit la vie quotidienne et les coutumes des Mérovingiens, ainsi que le climat politique et géographique de l’époque. Comment s’habillaient, vivaient et commerçaient les habitants de la région de Mons pendant ce premier moyen-âge peu connu du grand public ?

L’épopée des manuscrits 

Dans cette exposition seront présentés six ouvrages prêtés par le MUMONS à l’Artothèque. Il s’agit de manuscrits provenant de l’abbaye de Saint-Ghislain qui témoignent de la vie de saints tels que saint Vincent, sainte Aldetrude, sainte Maldeberte, mais également sainte Waudru, patronne des Montois. On y retrouve également des livres imprimés au 17ème siècle à Mons et Tournai, consacrés à la vie et au culte de ces mêmes saints.

Ces manuscrits, en plus de relater la vie de saints, ont également leur propre histoire.
Avant d’appartenir à la bibliothèque centrale de l’UMONS, ceux-ci étaient la propriété de la famille Wins. En 1834, Camille Wins, alors juge suppléant au Tribunal de première instance de Mons, hérite des manuscrits de son oncle, le chanoine Paul Wins. À l’époque, Paul Wins était le doyen de l’église Sainte-Elisabeth à Mons et les avait rachetés aux moines de l’abbaye de Saint-Ghislain, qui s’étaient enfuis de l’abbaye avec une partie de la bibliothèque avant que tout ne soit vendu comme bien national pendant de la Révolution française. Jusqu’en 1962, les ouvrages ont alors appartenu à la famille Wins, avant d’être légués à la bibliothèque publique de Mons (future bibliothèque centrale de l’Université de Mons) par l’avocat Camille Wins.

Pour les amoureux d’histoire qui seraient intéressés par l’histoire de la bibliothèque et de ses collections, vous pouvez cliquer ici, ou bien aller parcourir la bibliothèque numérique PHENIX.

Prêter des objets de collection, un processus aussi long que la canonisation

Au-delà de la collaboration entre l’Artothèque et le MUMONS pour cette expo, le MUMONS met également un point d’honneur à partager les œuvres des fonds anciens avec d’autres institutions, mais sous certaines conditions.

L’emprunt d’œuvres d’art est un long processus et n’est pas quelque chose d’improvisé : il y a toute une série d’étapes à suivre et il existe de nombreuses variables à prendre en considération. Tout d’abord, en fonction de la demande de l’établissement extérieur et de sa proposition de projet, une recherche en interne est effectuée afin de vérifier si le MUMONS est en possession des documents demandés. Si tel est le cas, les ouvrages sont consultés par l’organisme demandeur et des démarches administratives sont alors entamées.

Viennent ensuite le constat d’état et les vérifications minutieuses des pièces qui vont être prêtées. Il est à noter qu’en fonction des moyens de conservation des organismes extérieurs et de l’ampleur de l’exposition, le MUMONS décidera si oui ou non le prêt est possible.

Une fois que les démarches de prêt sont mises en place, les documents sont préparés afin d’être déplacés. Cela doit être fait avec précaution étant donné la valeur de certaines œuvres. Ceux-ci sont emballés avec du papier de soie non-acide et du film à bulles, ils sont ensuite mis en boîte et transférés vers leur destination finale. Un spécialiste se rend sur place afin de procéder au constat d’état avec l’organisme extérieur. Des lutrins sur les ouvrages sont installés, c’est une étape essentielle avant la mise en vitrine. Une fois cela fait, les pièces sont ensuite exposées et mises en vitrine pour l’exposition.